Palmarès 2002-2003: Mot du Directeur délégué

 

Révérend Père Recteur,
Mesdames et Messieurs les Professeurs,
Chers Élèves,

À Saint-Grégoire, c'est désormais une tradition que de nous retrouver au début de chaque année scolaire. Nous retrouver avec le Père Recteur, les pères et les enseignants, pour une rencontre en deux temps.

Un temps sacré d'abord, qui place notre nouvelle année scolaire qui commence entre les mains du Sauveur. Quand il s'agit de quelqu'un que nous aimons, nous ne lui offrons pas n'importe quel cadeau. Nous lui apportons, dans le cadre de nos moyens, ce qui a de la valeur et plaît à ses yeux. Ce qui sera digne de lui et digne de nous. Et quel cadeau plus beau que celui de lui offrir notre vie active de collégien ?

Un temps profane ensuite, qui nous invite à regarder ce que nous avons fait de notre année écoulée et à décider de ce que nous allons faire de notre année à venir. Le thème de l'année nous le rappelle : prendre son temps pour construire son projet.

Les élèves de la 10e à la 3e sont, ici et maintenant, rassemblés pour participer à la distribution des prix. Les prix qui seront remis sont les prix d'excellence, de diligence et le premier prix dans les matières de base (la catéchèse, l'arabe, le français et les mathématiques). Ces prix ont été mérités par les meilleurs élèves, pour leur travail au cours de l'année 2002-2003.

La distribution des prix, qui est une tradition des collèges, ne mérite-t-elle pas quelques explications ?

Je commencerai par la fin, par la base, par les matières de base. Toutes les matières sont sans doute importantes, mais quand un maçon construit une maison, il ne commence pas par le toit mais par les fondations. Et bien, la catéchèse, l'arabe, le français et les math constituent les 4 piliers de cette maison, de votre formation scolaire. La catéchèse est l'instruction religieuse des principes premiers de notre foi chrétienne ; l'arabe notre langue nationale ; le français notre langue de culture et les math notre moyen scientifique par excellence pour saisir le fonctionnement du monde.

En soignant les fondations, le maçon est sûr de la solidité de sa construction. Mais quel édifice serait celui qui ne comporte que des fondations ? Il serait inhabitable ! Ainsi, le maçon devra-t-il entreprendre de le compléter par des murs, des portes, des fenêtres, de l'électricité, de l'eau, de la peinture et que sais-je encore, pour le rendre habitable. Pour vous, les matières complémentaires (les langues vivantes, l'histoire, les sciences, le sport, les matières artistiques, etc.) sont ces éléments, nécessaires pour fignoler et raffiner votre formation.

Puis, vous meublerez votre maison et vous l'habiterez. Vous constaterez alors rapidement qu'une maison n'est jamais complète, jamais tout à fait finie. Qu'il lui manque toujours quelque chose : un équipement par-ci, un ornement par-là ! La culture, fruit permanent de votre curiosité, de vos lectures, de vos recherches, la culture, que l'on acquiert par soi-même, achalandera votre maison de meubles à votre goût.

Venons-en maintenant à la diligence. Être diligent, ce n'est pas croire tout savoir et se boucher les oreilles pour ne pas entendre. Ce n'est pas vouloir toujours tout dire et parler pour ne rien dire. Ce n'est pas bâcler son travail pour finir vite et le premier. Ce n'est pas être le plus fort et chercher à écraser l'autre sans lui laisser de chance.

Non, être diligent, c'est apporter toute l'attention à ce que l'on dit, tout le soin à ce que l'on fait et tout le respect à ceux avec lesquels on vit.

Si les matières de base s'apprennent dans les livres, la diligence se vit ! Pour la maison que vous avez construite et que vous habitez à présent, la diligence, n'est pas la pierre, le bois, les meubles ou le décor. La diligence est la bonne qualité de l'accueil que vous réservez à ceux qui viennent chez vous.

Avec un peu d'application, chacun de nous peut être diligent. Ainsi, tous les élèves de l'excellente classe de 3e de l'an dernier, ont mérité le prix de diligence. Le père recteur a remis ce prix à chacun d'eux, à Jamhour, la semaine dernière. De ce fait, la diligence est la première condition de l'excellence.

Venons-en enfin au prix d'excellence. Nous pourrions le comparer à une finale du 100 mètres. Elle ne compte qu'un seul gagnant mais tous les finalistes auraient mérité de gagner. Faut-il donc être le premier pour être excellent ? La réponse est non.

Pour être excellente, une personne doit faire de son mieux c'est-à-dire, réunir deux conditions et une action. La première condition est de désirer apprendre. La seconde est de vouloir fournir l'effort nécessaire. Enfin, connaissant ses qualités propres, la personne décide d'agir sur ses points faibles pour les transformer en points forts.

L'excellence est dans le dépassement de soi !

Quoi qu'il en soit, et pour conclure, si le bon esprit, la politesse et la civilité avaient un prix, à Saint-Grégoire vous auriez tous été primés, ainsi que vos professeurs. Nos bâtiments sont sans doute presque centenaires et exigus, mais nos cours sont jeunes et ardents, et nos esprits, vastes et « remplis de rayons ».

Vivent donc les meilleurs ! Vive le Collège Saint-Grégoire !

Joseph Salamé
Directeur délégué